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MAITRISE ORTHOPEDIQUE

QUEL BILAN EN CAS D’INSTABILITÉ

FÉMORO-PATELLAIRE

APRÈS PROTHÈSE TOTALE DE GENOU ?

Guillaume DEMEY

David DEJOUR

Lyon Ortho Clinic, 29b avenue des sources, 69009 LYON

I.

I

ntroduction

L’instabilité fémoro-patellaire

après prothèse totale de genou

est une cause de reprise chirur-

gicale avec une incidence allant

de 0.5 à 0.8 %

(1,2)

. L’instabilité

se présente généralement sous

la forme d’une subluxation

rotulienne plutôt que luxation

vraie. L’incidence de l’instabi-

lité fémoro-patellaire en tant

que symptôme est probable-

ment largement sous-estimée

car sous-diagnostiquée et ne

conduisant pas systématique-

ment à une reprise chirurgicale.

Au cours des journées Lyon-

naises du Genou de 2010,

une étude rétrospective mul-

ticentrique avait été réalisée

au sein du groupe Lyonnais

(3)

. Parmi 1459 PTG posté-

ro-stabilisées à 3 ans de recul

minimum (patients opérés

entre 2002 et 2006), 8 insta-

bilités rotuliennes avaient été

retrouvées soit un taux de

0.5 %. Parmi ces patients, le

compte rendu opératoire ne

permettait pas de laisser pré-

sager une future instabilité, la

cinématique étant jugée bonne

et stable sans réalisation de

section de l’aileron externe.

Six de ces patients avaient été

réopérés avec des traitement

diverses : une reconstruction

isolée du ligament fémoro-pa-

tellaire médial (MPFL) dans un

cas, une ostéotomie de la tubé-

rosité tibiale antérieure (TTA)

isolée dans trois cas, un chan-

gement du composant fémoral

associé à une ostéotomie de la

TTA dans un cas et une plas-

tie du vastus medialis obliquus

(VMO) dans un cas. Les résul-

tats étaient médiocres avec

1 sepsis, 1 luxation persistante

et 1 subluxation persistante.

La cause de l’instabilité fémo-

ro-patellaire doit être recher-

chée et peut être multifacto-

rielle. Il est essentiel de réaliser

un bilan clinique rigoureux et

un bilan para clinique standar-

disé afin de poser un diagnos-

tic précis et d’envisager la meil-

leure stratégie thérapeutique.

En cas de reprise chirurgicale,

les gestes réalisables peuvent

être soit des gestes des parties

molles soit des gestes osseux

et peuvent être associés entre

eux. Il faut donc anticiper la

chirurgie de reprise.

Le but de cet article est de pro-

poser un bilan clinique et para

clinique systématique à réaliser

en cas de suspicion d’instabi-

lité fémoro-patellaire ; de rap-

peler les différentes étiologies

d’instabilité fémoro-patellaire

après PTG et enfin de propo-

ser une stratégie thérapeutique

adaptée. Cela correspond au

concept de « menu à la carte

» faisant également référence

dans le traitement de l’insta-

bilité fémoro-patellaire sur

genou natif.

II.

B

ilan

clinique

Le bilan clinique est essen-

tiel et est toujours la première

étape d’une bonne démarche

diagnostique. Le symptôme

principal en cas d’instabilité

fémoro-patellaire est la dou-

leur antérieure en cas d’activité

comme la montée d’escalier ou

le relèvement d’une position

assise

(4)

. Cette douleur diffère

de la douleur préopératoire,

elle peut être péri-patellaire,

latérale ou médiale. Elle peut

être légère jusqu’à importante

voire invalidante. Le dérobe-

ment est le deuxième symp-

tôme souvent retrouvé pouvant

aller jusqu’à une sensation de

blocage. La subluxation pro-

cure une sensation de déro-

bement ou « de genou qui

se déboite ». La perte des

amplitudes articulaires avec

notamment une limitation de

la flexion est également fré-

quente en cas de la subluxation

rotulienne.

L’examen clinique débute par

la palpation de l’appareil exten-

seur lors de la mobilisation

passive mais également active.

On recherche les points dou-

loureux et une perte de conti-

nuité.

La luxation ou la subluxation

de la rotule peut être détectée

en palpant la rotule au cours

de la flexion et extension ce

qui permet d’analyser la course

rotulienne. Il est possible

de retrouver une luxation/

subluxation en flexion ou bien

en extension voire une luxation

permanente. Le recentrage de

la rotule lors de la flexion ou

de l’extension peut être obser-

vé. Une rotule excessivement

mobile ou une rétraction du

retinaculum latéral sont recher-

chées (medial-lateral tilt test).

La subluxation externe de la

rotule manuellement provoque

des douleurs ou une appréhen-

sion. Une rotule haute peut

être recherchée.

Figure 1 : Patiente présentant une luxation de rotule sur PTG du genou gauche. On

note un valgus symétrique. Il n’y a pas de valgus s’aggravant ou apparaissant lors de la

flexion. Ce valgus genou fléchi peut être un bon signe clinique de malrotation du compo-

sant fémoral en rotation interne.

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